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Spartacus

presse "Spartacus" : PDF 17 pages (5,5 Mo)

LE GRANDIOSE ET LE DÉRISOIRE

Dans le "Spartacus" mis en scène par Claire Dancoisne, chanteurs lyriques et comédiens évoluent parmi des objets de récup'.
Partout autour d'elle, des objets improbables, des mécaniques incroyables, une armée de godillots articulés, une cohorte de boucliers boîte à gâteau, des costumes en fil de fer... Des matériaux de récup' et une imagination vertigineuse au service d'une fresque monumentale et intimiste à la fois (...).
Deux chanteurs pour incarner l'armée romaine, trois comédiens pour 60 000 esclaves en révolte, la musique de Pierre Vasseur et mille petites machines magiques pour raconter l'histoire.
La nouvelle création de Claire Dancoisne est un péplum marionnettique et lyrique. On est dans le grandiose et le dérisoire. (...)
Elle aime la lisibilité immédiate de la scène, sa poésie brute, "un texte physique avant un texte de paroles". Pas question de s'installer... dans le théâtre.
Depuis vingt-cinq ans, multipliant les spectacles, les formes, les univers, elle développe en artisan une écriture d'images et de mouvement. Croisant marionnettes, cirque, art de la rue, tous les imaginaires. (...) Aujourd'hui, pour la première fois, Claire Dancoisne travaille avec des chanteurs lyriques : "Cette grandeur-là, face à des petits objets qui racontent, ça marche formidablement bien".

Télérama - mars 2010


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CLAIRE DANCOISNE ORCHESTRE LA RÉVOLTE


Claire Dancoisne ne recule devant rien dès qu'il s'agit d'aiguillonner les imaginaires. On se souvient de son Bestiaire forain qui a bourlingué de par le monde. (...) Un Bestiaire africain est annoncé pour bientôt, sorte de révolte animalière du côté de Saint-Louis du Sénégal, mais pour l'heure c'est d'une autre révolte dont il est question, sociale et bien plus ancienne, celle des esclaves sous l'arrogante Rome, en l'an 73 avant JC.
La directrice du théâtre de la Licorne s'y entend aussi à attiser le flamboyant esprit de résistance en nous faisant revivre celui de Spartacus et des milliers d'esclaves en quête de liberté qui tinrent tête, deux années durant, aux légions romaines.
(...) Un Péplum avec trois comédiens - Gaëlle Fraysse, Gwenaël Przydatek, Maxence Vandevelde, superbes de muette fureur - manipulateurs d'une multitude d'objets de petite taille, articulés, fabriqués ou bricolés à partir de bouts de ferrailles (...). Il fallait oser !
Mais on l'a dit, Claire Dancoisne n'est jamais à un défi près. Au point d'en rajouter un second en faisant appel à deux chanteurs lyriques : Jean-Michel Ankaoua, baryton, et Julien Véronèse, baryton basse, heureux d'être là pour exprimer le point de vue romain de l'affaire.
Imaginez en prime des arènes soigneusement sablées à gradins démontables à merci (conception Ettoré Marchica) sur lesquels prend place le public, à portée de main des protagonistes, une musique spatiale (Pierre Vasseur) et des lumières à géométrie et intensité variables (Hervé Gary), et vous aurez une toute petite idée de l'ambiance singulière qui règne dans cette enceinte retentissante de combats tout aussi singuliers.
De ce Péplum lyrique et artisanale à vocation ambulatoire pour places publiques et fêtes foraines, on retiendra tout particulièrement la longue marche des esclaves, rien qu'un pied devant l'autre, avec son lot de laissés pour compte sur le bord de la route (à couper le souffle), un silencieux campement de nuit ou dans un autre registre la machinerie implacable de l'avancée des légions romaines, ou encore les thermes brinquebalants et sophistiqués à usage de sénateurs romains satisfaits d'eux-mêmes, faut voir ça. (...)

Liberté Hebdo - mars 2010

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LA RÉVOLTE DES GUEUX


Créé en mars dernier, ce péplum lyrique pour marionnettes signé par Claire Dancoisne et son Théâtre La Licorne tient toutes ses promesses et devrait ravir jeune public et adultes aux souvenirs d'enfance toujours vivaces. Un spectacle promis à une longue tournée ponctuée par un passage au festival d'Avignon, en juillet prochain.
Dans l'arène ovale, théâtre
de la révolte future de Spartacus, la foule gronde alors que s'ouvrent les jeux de cirque à la gloire de Rome victorieuse. Auréolés des trompettes de la renommée, deux tribuns saluent la foule et donnent le signal du début des hostilités avant que trois acteurs-manipulateurs (Gaëlle Fraysse, Gwenaël Przydatek et Maxence Vandevelde) n'entament une cavalcade infernale sur leurs chevaux de fer. Visages inquiétants sous leurs masques, faisant corps avec leurs montures métalliques, ces esclaves enfièvrent l'enceinte tandis que l'odeur du sang monte à mesure du carnage qui ravage gladiateurs et animaux sauvages dans un maelström de bruit et de fureur.
Mais bientôt Spartacus sonne l'heure de la révolte et appelle ses pairs asservis à se libérer de leur chaînes et à retourner les armes contre leurs maîtres. Alors que les puissants semblent négliger le soulèvement et s'abandonnent à leurs plaisirs (jolie séquence des thermes baignée de la lumière des bougies), s'engage la fuite des esclaves vers la mer afin de fuir l'Italie inhospitalière et défile à travers l'arène un long cortège de pieds, symbole des opprimés pris en chasse par une armée romaine exterminant ceux qui s'égarent sur la route. Car le Sénat, ne pouvant tolérer l'insoumission, a dépêché ses légions pour massacrer Spartacus et ses hommes. Lesquels, cernés en haut du Vésuve, abandonnés par les navires syriens qui devaient les arracher aux oppresseurs, livreront un combat héroïque tel Spartacus donnant l'assaut au milieu des arcs avant de périr sous les lames romaines.
Alternant avec justesse scènes bouillonnantes et moments suspendus (très belle scène du feu de camp avant la bataille finale), Claire Dancoisne signe un péplum ambitieux et modeste où son équipe de plasticiens et constructeurs porte haut l'art du recyclage à l'image d'un bestiaire bigarré où se côtoient éléphant, lion, poissons volants ou vautours.
Un Spartacus lyrique où la partition de Pierre Vasseur alterne envolées cinématographiques et mélodies pour des chanteurs (Jean-Michel Ankaoua et Julien Véronèse) donnant à cette épopée une couleur vocale inédite.
Une fresque en sept tableaux qui oscille entre l'intime et le spectaculaire, où le regard du spectateur passe du comédien à l'objet, ou inversement, en une stimulante trajectoire pour laquelle le public chemine du concret à l'imaginaire par les chemins de traverse de l'enfance, là où s'enracine le terrain de jeu de ce Spartacus désenchanté. Un spectacle qui devrait mûrir et sécréter ses arômes acres dans un mélange de poussière et de sang, amalgame funeste dans lequel s'achève cette révolte contre l'ordre tyrannique.

La Gazette Nord/Pas-de-Calais - avril 2010

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SPARTACUS
Envoûtant, déroutant et magnifique, ce spectacle marie tous les arts de la scène.


C'est un spectacle unique, un univers de bric et de broc, de masques et de matériaux de récupération, de mécaniques incroyables et de manipulations déglinguées.
Dans une arène de bois et de sciure, le public au plus près du jeu (du cirque), Claire Dancoisne, metteur en scène du théâtre de la Licorne (Lille), revisite l'épopée de Spartacus, qui mène la révolte des esclaves contre Rome. Et c'est un insensé "péplum marionnettique et lyrique" pour trois comédiens, deux chanteurs et une légion de personnages et d'objets bricolés, symbolisés. Un spectacle bourré de trouvailles et d'humour, mais qui ne masque ni l'enjeu ni le combat, ni la cruauté, ni le sang versé. Tout est dit, dans le grandiose et le dérisoire, le lyrisme et le minimalisme. Toute la force de l'imaginaire.

La Vie - mai 2010

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LA LICORNE ENFLAMME VILLENEUVE


C'es
t plus tout à fait Avignon, pas totalement le festival. Mais c'est la révélation-révolution de la semaine et il y a fort à parier qu'il faudra jouer des coudes pour avoir une place. La compagnie lilloise de la Licorne réinvente un Spartacus tous les soirs à 22 heures à la Colline des Mourgues. Entre marionnettes et théâtre d'objets, c'est à la fois inclassable, géant, époustoufflant et plein de sens.

La Provence - juillet 2010

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LE FABULEUX BESTIAIRE DE LA LICORNE
Un "Spartacus" inattendu et réussi à Villeneuve lès Avignon


C'est dans le cadre de "Villeneuve en Scène" qu'est présentée cette version fascinante de Spartacus. Des objets, des marionnettes, des acteurs et des chanteurs pour un enchantement qui s'adresse à tous. Dans une autre ville, un autre département, une autre région qu'Avignon a lieu un événement qui, paradoxalement, s'inscrira dans les mémoires des festivaliers.
C'est à Villeneuve-lès-Avignon, à deux pas de la Cité des Papes, de l'autre côté du Rhône, que la compagnie lilloise La Licorne présente une extraordinaire version de Spartacus pour deux chanteurs lyriques, Jean-Michel Ankaoua, baryton, Julien Véronèse, baryton basse, et trois comédiens-manipulateurs, Gaëlle Fraysse, Gwenaël Przydatek, Maxence Vandevelde et tout un fabuleux bestiaire : un éléphant, des fauves, des chevaux, des oiseaux et des objets, des navires, des chars, des boucliers, des personnages, des légions romaines et des foules d'esclaves. C'est un monde extraordinaire et d'une force de représentation bouleversante.

Du métal, du carton, du bois
Tout en haut de Villeneuve, sur la Colline des Mourgues, dans une pinède qui surplombe le paysage, est donnée cette merveille imaginée par l'artiste remarquable qui a fondé La Licorne, Claire Dancoisne. Elle vient des Beaux-Arts, elle est plasticienne autant que femme de théâtre et mène ses récits avec fidélité et liberté. Ne racontons pas tout : mais de très nombreux talents se liguent pour mettre au point les objets, les marionnettes.
Du métal, du carton, du bois, des mécanismes simples et sophistiqués à la fois, chaque scène, chaque apparition subjugue. C'est dans un espace idéal, un gradin à ciel ouvert en forme d'arène à dimension intime mise au point par Ettore Marchica que se joue cette partition onirique qui enchante, impressionne, fait trembler, rire, dépayse.
Ah ! Quel théâtre immense que celui de La Licorne ! Courez-y en famille car c'est un spectacle qui s'adresse autant aux enfants qu'aux parents.

Le Figaro - 09 juillet 2010

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PÉPLUM LYRIQUE ET POÉTIQUE SOUS LES ÉTOILES - SPARTACUS


"Spartacus" est la dernière création de Claire Dancoisne pour La Licorne théâtre. C'est en pleine garrigue, sur la colline des Mourgues, à Villeneuve Lez Avignon, qu'elle a installé ses arènes pour nous transporter à Rome, en 73 avant notre ère. Des gladiateurs en ferraille face à deux empereurs lyriques nous font vivre la révolte de Spartacus. Une merveille absolue de cirque contemporain et de théâtre d'objets.

A l'extérieur de l'arène, un esclave se fait fouetter par une machine de torture. A l'intérieur, la scène ovale à ciel ouvert est surplombée par deux empereurs parés de costumes volontairement pompeux. Ils sont incarnés par deux chanteurs lyriques, Jean-Michel Ankaoua et Julien Véronèse, se régalant des jeux du cirque où des petits esclaves en fer manipulés par les trois comédiens, Gaëlle Fraysse, Gwenaël Przydatek et Maxence Vandevelde trouvent une mort certaine face à des animaux en métal gigantesques. Dans l'arène devenue fosse entrent tour à tour un lion, un tigre ou encore un éléphant. L'esclavage est brillamment symbolisé par le fer. Des hommes devenus objets, cet état provoque la révolte d'un esclave, Spartacus, qui réussi une mutinerie, puis une révolte, désarçonnant un temps les forces romaines.

La force du spectacle réside dans la poésie alliée à la technicité du théâtre contemporain. Trois comédiens brillants manipulent un nombre infini d'objets de toutes tailles, d'une précision et d'une finesse absolue, touchant au beau, à l'humour, toujours à la poésie. Nous accédons au sublime lors de la libération des esclaves figurée par des pieds de géant en papier mâché, glissant par dizaine, chaînes brisées sur tissus manipulé pour quitter leur sort. Ces pieds, nous les verrons enchaînés, libérés, massacrés dans une scénographie vivante et rythmée.

Claire Dancoisne vient poser la question de la servitude volontaire, vivre libre mais lutter, ou vivre enfermé en perdant son identité ? Face au dilemme, le public choisit et embarque avec Spartacus dans sa lutte désespérée et sensible, où loin du film, ces comédiens manipulateurs d'objets et acrobates nous autorisent à rêver sous les étoiles de la colline des Mourgues à une fin heureuse.

A voir absolument.

Le Boîte à Sorties - 13 juillet 2010

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UNE ARÈNE POUR DES AFFRONTEMENTS DE MÉTAL
Coup de coeur


La révolte du plus célèbre des esclaves de l'antiquité romaine contée en une sorte d'opéra baroque dans lequel s'affrontent les voix, les idées et de fabuleuses créatures de métal. Des comédiens et des chanteurs expressionnistes accompagnent des marionnettes pour adultes autant que pour enfants.

Dans les arènes de la lilloise Cie de La Licorne, les spectateurs sont conviés aux jeux du cirque à Rome en 73 avant Jésus-Christ. Ils peuvent, du haut des gradins, décider de la vie et de la mort des gladiateurs. Mais ils assisteront également aux bains en plein coeur des thermes, aux débats du sénat, à l'affrontement entre légions et rebelles.

Pour donner vie et fureur à cette fresque inspirée par l'histoire, ils ne sont que cinq. Hormis l'assistance très épisodique d'un duo de régisseurs, il y a seulement deux barytons et trois histrions manipulateurs. Car autour d'eux foisonnent d'étranges animaux inclassables, des pachydermes et des félins gigantesques, des oiseaux de mauvais augure, des chars tirés par des chevaux, des rétiaires et des militaires bardés d'épées et de boucliers, des chariots brinquebalants, des galères syriennes, des machines de guerre aux flèches d'acier... et même un Vésuve aux fumerolles annonciatrices d'éruption.

Elle est là, la marque de fabrique des spectacles conçus par Claire Dancoisne : la cohabitation entre des interprètes de chair et des créatures composées d'assemblages d'éléments de récupération, de mécaniques improbables, de bricolages insensés. Les comédiens arborent des costumes et des maquillages sortis de chez Bosch et Bruegel, les marionnettes refusent un réalisme facile au profit d'un imaginaire fantasque et biscornu.

Entre B.D., opéra et film d'animation

Sous-titré "Peplum lyrique et marionnettique", cette épopée sanglante et furieuse ne laisse nul répit au public. Les séquences se succèdent sans désemparer. Les entrées et les sorties se télescopent. Les chants alternent avec quelques dialogues et pas mal de clameurs. Des moments de gags s'insèrent entre les mouvements dramatiques. L'espace est habité en toutes ses dimensions.

Le langage visuel du théâtre joue son rôle de stimulant. Un accessoire simple est susceptible soudain d'évoquer un nouveau lieu. Un défilé interminable de pieds symbolise le rassemblement des révoltés. Quelques morceaux de canettes et c'est une légion qui débarque. Tandis que la musique de Pierre Vasseur joue le rôle de bande sonore cinématographique, avec ses allusives atmosphères et ses emprunts pastichés.

Tant d'inventivités et d'énergie font qu'il est impossible de sortir de ces arènes sans avoir eu quelque chose à admirer, à retenir, à se rappeler. Même si le propos initial reste en arrière plan, qui montre que la lutte pour le pouvoir, la nécessité de respecter les droits de l'homme ne sont pas que des fais venus du passé.

Rue du Théâtre - 15 juillet 2010

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TREMBLEZ, ESCLAVES !


Monstres de ferraille, braseros, tableaux rougeâtres de métal tordu... Ils sont tout petits face à ce décor grandiose, les gladiateurs révoltés du "Spartacus" mis en scène par Claire Dancoisne. Mais poignants, comme beaucoup de spectacles présentés au convivial festival de Villeneuve, à quelques lieues du Palais des
Papes, de l'autre côté du Rhône.

Direction la rive languedocienne du Rhône en sortant d'Avignon. Aller juste en face, à Villeneuve, et regarder le Palais des Papes depuis ce côté du fleuve : la vue est imprenable. Mais ce que l'on apprécie là-bas par-dessus tout, c'est l'air plus frais qu'en ville sur ces prairies herbeuses où a lieu le festival Villeneuve en scène.
Consacré aux "Théâtres en itinérance", il programme pendant 21 jours 31 spectacles dont un tiers de créations, sous chapiteaux ou autres scènes mobiles démontables pour qui le ciel sert de toit...

Pour l'ambiance crépusculaire et la scénographie originale, on peut donner la palme cette année à Claire Dancoisne (et à sa compagnie du Théâtre La Licorne, créée en 1986), qui vient du Nord/Pas-de-Calais. Une arène ovale de métal rouge brun, aux parois hautes, au sol sableux d'un camaïeu lui aussi rougeâtre qu'on vient juste de ratisser... Comme pour en enlever les saletés d'avant, traces d'on ne sait quel macabre événement. Cette terre de bruns délavés semble avoir absorbé depuis des années tous les sangs possibles d'humains ou d'animaux. Sans grandiloquence, un certain climat s'impose.

De cette légendaire révolte de Spartacus et de ses compagnons gladiateurs, dont s'est autrefois emparé le cinéma hollywoodien, Claire Dancoisne se sert d'une matière à modeler. Car elle a sculpté et peint pour montrer plus que pour raconter. Son spectacle est fait de tableaux successifscomposés de métal tordu, bosselé ou martelé : des monstres de ferraille menaçant surgissent dans l'arène face à de petits personnages fragiles et aériens comme des statues étrusques. Même les trois comédiens-manipulateurs semblent du même matériau : leurs visages et leurs corps sont emprisonnés dans des rets de fer.

Deux barytons grotesquement grimés trônent en hauteur et distribuent la vie et la mort. Ils sont les symboles du pouvoir romain qui écrasera la révolte et fera à nouveau régner l'ordre et le partage du monde entre esclaves et citoyens. La scène qui figure l'ultime refuge des fugitifs sur les contreforts du Vésuve est particulièrement poignante. Des braseros fluets, de vieux chiffons qui couvrent un corps recroquevillé, des pleurs d'enfant montant à trois reprises dans le silence de la nuit. Le sentiment de déréliction est palpable. Le ciel de la Colline des Mourgues où Frédéric Poty, le directeur artistique du festival, a installé ce beau théâtre d'images est désespérément vide...

Télérama - 18 juillet 2010

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BÊTES DE SCÈNE SUR AVIGNON
De Podalydès (Richard II) aux animaux géants de Spartacus, les monstres sont de sortie.


A Villeneuve, les monstres métalliques de "Spartacus" (Compagnie lilloise de La Licorne) créent sans contexte l'événement 2010 du Off.

A l'éléphant de Barcelo place du Palais, le Théâtre de La Licorne répond avec la bestiole en bidons d'huile de "Spartacus" à Villeneuve !

Créativité monstre
En Juillet 2010, c'est le Grand Avignon dans son ensemble qui fait son Festival. Vedène est désormais agrégée au In, l'Astrolabe de Sorgues reste le lieu le
plus excentré du Off. Quant à Villeneuve-en-Scène (19000 entrées), la grande fête gardoise investit des espaces en dehors de tout, telle que la Colline des Mourgues, annexée par le Théâtre de la Licorne et son "Spartacus" époustoufflant. C'est d'ailleurs l'un des enseignements de ce Juillet-en-Festivals dans et autour de Cité des Papes. Malgré la crise du spectacle vivant, on découvre des pépites plus exaltantes que jamais, notamment dans le Off. (...)


La Provence - 21 juillet 2010


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SPARTACUS


Peplum lyrique et théâtre d'objets, écriture, mise en scène et scénographie Claire Dancoisne, musique de Pierre Vasseur, création des objets et machines Bertrand Boulanger, Grégoire Chombart, Jean-Baptiste Gaudin, Fred Parison et Olivier Sion, conception du gradin-arènes Ettore Marchica.

Pour parvenir jusqu'à cette poétique arène, il faut gravir à pied la colline des Mourgues, guidés à pas rapides depuis l'accueillant campement de Villeneuve-en-Scène, au bord du Rhône. Frédéric Poty le maître des lieux y a construit depuis plusieurs années un espace de découverte et de bien-être, au sortir de la touffeur avignonaise.

Claire Dancoisne s'est emparée de cette époque mythique de la révolte des esclaves en 73 avant Jésus-Christ avec une pleine maîtrise de son art. Nous sommes assis dans une petite arène ovale avec des ouvertures aux deux extrêmités. Les dictateurs romains sont interprétés par deux massifs chanteurs lyriques qui surplombent l'assemblée aux deux extrêmités, les gladiateurs sont de petites machines minuscules poussées par des manipulateurs en haillons sanglants qui affrontent d'effrayantes machines, un éléphant entre autres qui menace de les écraser. Ce combat à mort est d'abord mené par l'armée victorieuse des esclaves, représentée par une foule d'immenses pieds traversant l'arène, puis décimée, on voit les mêmes pieds amoncelés en un tas immense sous le ricanement des tyrans romains. On pourra voir ce beau spectacle à la rentrée chez les nombreux coproducteurs dans le Nord/Pas-de-Calais et à l'Avant-Seine - Théâtre de Colombes.

Blog de critiques de théâtre - 21 juillet 2010


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SPARTACUS


Une arène ovale de métal rouge-brun aux parois qui vous enferment, un sol d'un rougâtre qui semble avoir absorbé tous les sangs imaginables, humains et animaux mêlés. Nous voilà dans la nasse, spectateurs-voyeurs d'un macabre rituel. Claire Dancoisne, fondatrice du Théâtre La Licorne il y a vingt-cinq ans, a quitté ses masques et ses bestiaires pour nous offrir en spectacle une monstruosité autrement plus glaçante. Celle du martyre de Spartacus, figure de l'histoire romaine (puis hollywoodienne) dont elle raconte efficacement la révolte.
Son spectacle montre plus qu'il ne déroule la légende du gladiateur. Des chimères de ferraille martelée surgissent de tous côtés pour menacer de petits humains aussi fragiles et aériens que des statues étrusques. Et les comédiens-manipulateurs qui encaissent les coups autant qu'ils les portent sont de la même pâte. Ils ont le corps et le visage pris dans les rets de fer. La scène figurant l'ultime retraite des fugitifs sur les contreforts du Vésuve est inoubliable. D'un rien - d'un brassero fluet, d'un vieux chiffon sur un corps recroquevillé et d'un cri d'enfant dans la nuit -, elle dit tout. La déréliction, l'armée des puissants prête à bondir. La mort qui vient.
)

Télérama - 25 août 2010

 

« SPARTACUS, ROI DE LA BRICOLE

Ce fut le grand succès du festival d'Avignon "off" de l'année dernière (pardon d'englober sous cette appellation le Festival "Villeneuve en scène"). Suivi, on l'aura compris, d'une belle tournée. Une manière comme une autre, pour ceux qui l'auraient raté sur la Colline des Mourgues à Villeneuve lez Avignon (le "off" est vraiment off Avignon !) de rattraper ce pur moment de plaisir qui nous rappelle très opportunément que le théâtre est encore et toujours un artisanat qui doit beaucoup à la machinerie et au bricolage. Il se trouve justement qu'en matière de bricolage (j'emploie ce terme dans son meilleur sens) le Théâtre de la Licorne de Claire Dancoisne, qui a ses bases à Lille, est expert et passe son temps à confectionner et à animer des objets de toutes sortes sur lesquels le souffle de l'ange du bizarre est passé... Bref, voici par le Théâtre de la Licorne, sous la houlette de Claire Dancoisne, Spartacus, "péplum lyrique - théâtre d'objets" comme nous dit très opportunément le sous-titre, pour un spectacle qui est une pure merveille d'inventivité au plan de sa réalisation, gradins en bois de l'arène compris. L'histoire de la révolte de l'esclave et gladiateur Spartacus, tout le monde la connaît : là ne réside pas l'originalité du spectacle. En revanche, faire interpréter tous les romains par deux chanteurs lyriques (un baryton et un baryton-basse), pendant que les trois comédiens manipulent des centaines d'objets, gladiateurs, esclaves, animaux, embarcations, etc., est une véritable et passionnante trouvaille. Ce sont tous ces objets qui sont les grandes "vedettes" de ce spectacle. Animés, ils sont drôles et de toute beauté. L'imagination, ici, est réellement au pouvoir, et le savoir-faire du théâtre de la Licorne qui a oeuvré dans tous les domaines, dans tous les lieux, rues, appartements, théâtres, pour tous les publics, dans tous les registres possibles et imaginables, ne connaît aucune limite.

Revue frictions - 09 Mai 2011

 

 

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