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ARTICLE DE
PRESSE Spartacus presse
"Spartacus" : PDF 17 pages (5,5
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LE
GRANDIOSE ET LE DÉRISOIRE
Dans
le "Spartacus" mis en scène par Claire Dancoisne,
chanteurs lyriques et comédiens évoluent parmi des objets
de récup'.
Partout autour d'elle, des objets improbables, des mécaniques
incroyables, une armée de godillots articulés, une cohorte
de boucliers boîte à gâteau, des costumes en fil
de fer... Des matériaux de récup' et une imagination
vertigineuse au service d'une fresque monumentale et intimiste à
la fois (...).
Deux chanteurs pour incarner l'armée romaine, trois comédiens
pour 60 000 esclaves en révolte, la musique de Pierre Vasseur
et mille petites machines magiques pour raconter l'histoire.
La nouvelle création de Claire Dancoisne est un péplum
marionnettique et lyrique. On est dans le grandiose et le dérisoire.
(...)
Elle aime la lisibilité immédiate de la scène,
sa poésie brute, "un texte physique avant un texte de
paroles". Pas question de s'installer... dans le théâtre.
Depuis vingt-cinq ans, multipliant les spectacles, les formes, les
univers, elle développe en artisan une écriture d'images
et de mouvement. Croisant marionnettes, cirque, art de la rue, tous
les imaginaires. (...) Aujourd'hui, pour la première fois,
Claire Dancoisne travaille avec des chanteurs lyriques : "Cette
grandeur-là, face à des petits objets qui racontent,
ça marche formidablement bien". Télérama
- mars 2010 « CLAIRE
DANCOISNE ORCHESTRE LA RÉVOLTE
Claire
Dancoisne ne recule devant rien dès qu'il s'agit d'aiguillonner
les imaginaires. On se souvient de son Bestiaire forain qui a bourlingué
de par le monde. (...) Un Bestiaire africain est annoncé pour
bientôt, sorte de révolte animalière du côté
de Saint-Louis du Sénégal, mais pour l'heure c'est d'une
autre révolte dont il est question, sociale et bien plus ancienne,
celle des esclaves sous l'arrogante Rome, en l'an 73 avant JC.
La directrice du théâtre de la Licorne s'y entend aussi
à attiser le flamboyant esprit de résistance en nous
faisant revivre celui de Spartacus et des milliers d'esclaves en quête
de liberté qui tinrent tête, deux années durant,
aux légions romaines.
(...) Un Péplum avec trois comédiens - Gaëlle Fraysse,
Gwenaël Przydatek, Maxence Vandevelde, superbes de muette fureur
- manipulateurs d'une multitude d'objets de petite taille, articulés,
fabriqués ou bricolés à partir de bouts de ferrailles
(...). Il fallait oser !
Mais on l'a dit, Claire Dancoisne n'est jamais à un défi
près. Au point d'en rajouter un second en faisant appel à
deux chanteurs lyriques : Jean-Michel Ankaoua, baryton, et Julien
Véronèse, baryton basse, heureux d'être là
pour exprimer le point de vue romain de l'affaire.
Imaginez en prime des arènes soigneusement sablées à
gradins démontables à merci (conception Ettoré
Marchica) sur lesquels prend place le public, à portée
de main des protagonistes, une musique spatiale (Pierre Vasseur) et
des lumières à géométrie et intensité
variables (Hervé Gary), et vous aurez une toute petite idée
de l'ambiance singulière qui règne dans cette enceinte
retentissante de combats tout aussi singuliers.
De ce Péplum lyrique et artisanale à vocation ambulatoire
pour places publiques et fêtes foraines, on retiendra tout particulièrement
la longue marche des esclaves, rien qu'un pied devant l'autre, avec
son lot de laissés pour compte sur le bord de la route (à
couper le souffle), un silencieux campement de nuit ou dans un autre
registre la machinerie implacable de l'avancée des légions
romaines, ou encore les thermes brinquebalants et sophistiqués
à usage de sénateurs romains satisfaits d'eux-mêmes,
faut voir ça. (...)
Liberté
Hebdo - mars 2010 « LA
RÉVOLTE DES GUEUX
Créé
en mars dernier, ce péplum lyrique pour marionnettes signé
par Claire Dancoisne et son Théâtre La Licorne tient
toutes ses promesses et devrait ravir jeune public et adultes aux
souvenirs d'enfance toujours vivaces. Un spectacle promis à
une longue tournée ponctuée par un passage au festival
d'Avignon, en juillet prochain.
Dans l'arène ovale, théâtre de
la révolte future de Spartacus, la foule gronde alors que s'ouvrent
les jeux de cirque à la gloire de Rome victorieuse. Auréolés
des trompettes de la renommée, deux tribuns saluent la foule
et donnent le signal du début des hostilités avant que
trois acteurs-manipulateurs (Gaëlle Fraysse, Gwenaël Przydatek
et Maxence Vandevelde) n'entament une cavalcade infernale sur leurs
chevaux de fer. Visages inquiétants sous leurs masques, faisant
corps avec leurs montures métalliques, ces esclaves enfièvrent
l'enceinte tandis que l'odeur du sang monte à mesure du carnage
qui ravage gladiateurs et animaux sauvages dans un maelström
de bruit et de fureur.
Mais bientôt Spartacus sonne l'heure de la révolte et
appelle ses pairs asservis à se libérer de leur chaînes
et à retourner les armes contre leurs maîtres. Alors
que les puissants semblent négliger le soulèvement et
s'abandonnent à leurs plaisirs (jolie séquence des thermes
baignée de la lumière des bougies), s'engage la fuite
des esclaves vers la mer afin de fuir l'Italie inhospitalière
et défile à travers l'arène un long cortège
de pieds, symbole des opprimés pris en chasse par une armée
romaine exterminant ceux qui s'égarent sur la route. Car le
Sénat, ne pouvant tolérer l'insoumission, a dépêché
ses légions pour massacrer Spartacus et ses hommes. Lesquels,
cernés en haut du Vésuve, abandonnés par les
navires syriens qui devaient les arracher aux oppresseurs, livreront
un combat héroïque tel Spartacus donnant l'assaut au milieu
des arcs avant de périr sous les lames romaines.
Alternant avec justesse scènes bouillonnantes et moments suspendus
(très belle scène du feu de camp avant la bataille finale),
Claire Dancoisne signe un péplum ambitieux et modeste où
son équipe de plasticiens et constructeurs porte haut l'art
du recyclage à l'image d'un bestiaire bigarré où
se côtoient éléphant, lion, poissons volants ou
vautours.
Un Spartacus lyrique où la partition de Pierre Vasseur alterne
envolées cinématographiques et mélodies pour
des chanteurs (Jean-Michel Ankaoua et Julien Véronèse)
donnant à cette épopée une couleur vocale inédite.
Une fresque en sept tableaux qui oscille entre l'intime et le spectaculaire,
où le regard du spectateur passe du comédien à
l'objet, ou inversement, en une stimulante trajectoire pour laquelle
le public chemine du concret à l'imaginaire par les chemins
de traverse de l'enfance, là où s'enracine le terrain
de jeu de ce Spartacus désenchanté. Un spectacle qui
devrait mûrir et sécréter ses arômes acres
dans un mélange de poussière et de sang, amalgame funeste
dans lequel s'achève cette révolte contre l'ordre tyrannique.
La
Gazette Nord/Pas-de-Calais - avril 2010 « SPARTACUS
Envoûtant, déroutant et magnifique, ce spectacle marie
tous les arts de la scène.
C'est un spectacle unique, un
univers de bric et de broc, de masques et de matériaux de récupération,
de mécaniques incroyables et de manipulations déglinguées.
Dans une arène de bois et de sciure, le public au plus près
du jeu (du cirque), Claire Dancoisne, metteur en scène du théâtre
de la Licorne (Lille), revisite l'épopée de Spartacus,
qui mène la révolte des esclaves contre Rome. Et c'est
un insensé "péplum marionnettique et lyrique"
pour trois comédiens, deux chanteurs et une légion de
personnages et d'objets bricolés, symbolisés. Un spectacle
bourré de trouvailles et d'humour, mais qui ne masque ni l'enjeu
ni le combat, ni la cruauté, ni le sang versé. Tout
est dit, dans le grandiose et le dérisoire, le lyrisme et le
minimalisme. Toute la force de l'imaginaire.
La
Vie - mai 2010 « LA
LICORNE ENFLAMME VILLENEUVE
C'est
plus tout à fait Avignon, pas totalement le festival. Mais
c'est la révélation-révolution de la semaine
et il y a fort à parier qu'il faudra jouer des coudes pour
avoir une place. La compagnie lilloise de la Licorne réinvente
un Spartacus tous les soirs à 22 heures à la Colline
des Mourgues. Entre marionnettes et théâtre d'objets,
c'est à la fois inclassable, géant, époustoufflant
et plein de sens.
La
Provence - juillet 2010 « LE
FABULEUX BESTIAIRE DE LA LICORNE
Un "Spartacus" inattendu et réussi à Villeneuve
lès Avignon
C'est dans le cadre de "Villeneuve
en Scène" qu'est présentée cette version
fascinante de Spartacus. Des objets, des marionnettes, des acteurs
et des chanteurs pour un enchantement qui s'adresse à tous.
Dans une autre ville, un autre département, une autre région
qu'Avignon a lieu un événement qui, paradoxalement,
s'inscrira dans les mémoires des festivaliers.
C'est à Villeneuve-lès-Avignon, à deux pas de
la Cité des Papes, de l'autre côté du Rhône,
que la compagnie lilloise La Licorne présente une extraordinaire
version de Spartacus pour deux chanteurs lyriques, Jean-Michel Ankaoua,
baryton, Julien Véronèse, baryton basse, et trois comédiens-manipulateurs,
Gaëlle Fraysse, Gwenaël Przydatek, Maxence Vandevelde et
tout un fabuleux bestiaire : un éléphant, des fauves,
des chevaux, des oiseaux et des objets, des navires, des chars, des
boucliers, des personnages, des légions romaines et des foules
d'esclaves. C'est un monde extraordinaire et d'une force de représentation
bouleversante.
Du métal, du carton, du bois
Tout en haut de Villeneuve, sur la Colline des Mourgues, dans une
pinède qui surplombe le paysage, est donnée cette merveille
imaginée par l'artiste remarquable qui a fondé La Licorne,
Claire Dancoisne. Elle vient des Beaux-Arts, elle est plasticienne
autant que femme de théâtre et mène ses récits
avec fidélité et liberté. Ne racontons pas tout
: mais de très nombreux talents se liguent pour mettre au point
les objets, les marionnettes.
Du métal, du carton, du bois, des mécanismes simples
et sophistiqués à la fois, chaque scène, chaque
apparition subjugue. C'est dans un espace idéal, un gradin
à ciel ouvert en forme d'arène à dimension intime
mise au point par Ettore Marchica que se joue cette partition onirique
qui enchante, impressionne, fait trembler, rire, dépayse.
Ah ! Quel théâtre immense que celui de La Licorne ! Courez-y
en famille car c'est un spectacle qui s'adresse autant aux enfants
qu'aux parents.
Le
Figaro - 09 juillet 2010 « PÉPLUM
LYRIQUE ET POÉTIQUE SOUS LES ÉTOILES - SPARTACUS
"Spartacus" est la dernière
création de Claire Dancoisne pour La Licorne théâtre.
C'est en pleine garrigue, sur la colline des Mourgues, à Villeneuve
Lez Avignon, qu'elle a installé ses arènes pour nous
transporter à Rome, en 73 avant notre ère. Des gladiateurs
en ferraille face à deux empereurs lyriques nous font vivre
la révolte de Spartacus. Une merveille absolue de cirque contemporain
et de théâtre d'objets.
A l'extérieur de l'arène, un esclave se fait fouetter
par une machine de torture. A l'intérieur, la scène
ovale à ciel ouvert est surplombée par deux empereurs
parés de costumes volontairement pompeux. Ils sont incarnés
par deux chanteurs lyriques, Jean-Michel Ankaoua et Julien Véronèse,
se régalant des jeux du cirque où des petits esclaves
en fer manipulés par les trois comédiens, Gaëlle
Fraysse, Gwenaël Przydatek et Maxence Vandevelde trouvent une
mort certaine face à des animaux en métal gigantesques.
Dans l'arène devenue fosse entrent tour à tour un lion,
un tigre ou encore un éléphant. L'esclavage est brillamment
symbolisé par le fer. Des hommes devenus objets, cet état
provoque la révolte d'un esclave, Spartacus, qui réussi
une mutinerie, puis une révolte, désarçonnant
un temps les forces romaines.
La force du spectacle réside dans la poésie alliée
à la technicité du théâtre contemporain.
Trois comédiens brillants manipulent un nombre infini d'objets
de toutes tailles, d'une précision et d'une finesse absolue,
touchant au beau, à l'humour, toujours à la poésie.
Nous accédons au sublime lors de la libération des esclaves
figurée par des pieds de géant en papier mâché,
glissant par dizaine, chaînes brisées sur tissus manipulé
pour quitter leur sort. Ces pieds, nous les verrons enchaînés,
libérés, massacrés dans une scénographie
vivante et rythmée.
Claire Dancoisne vient poser la question de la servitude volontaire,
vivre libre mais lutter, ou vivre enfermé en perdant son identité
? Face au dilemme, le public choisit et embarque avec Spartacus dans
sa lutte désespérée et sensible, où loin
du film, ces comédiens manipulateurs d'objets et acrobates
nous autorisent à rêver sous les étoiles de la
colline des Mourgues à une fin heureuse.
A voir absolument. Le
Boîte à Sorties - 13 juillet 2010 « UNE
ARÈNE POUR DES AFFRONTEMENTS DE MÉTAL
Coup de coeur
La révolte du plus célèbre
des esclaves de l'antiquité romaine contée en une sorte
d'opéra baroque dans lequel s'affrontent les voix, les idées
et de fabuleuses créatures de métal. Des comédiens
et des chanteurs expressionnistes accompagnent des marionnettes pour
adultes autant que pour enfants.
Dans les arènes de la lilloise Cie de La Licorne, les spectateurs
sont conviés aux jeux du cirque à Rome en 73 avant Jésus-Christ.
Ils peuvent, du haut des gradins, décider de la vie et de la
mort des gladiateurs. Mais ils assisteront également aux bains
en plein coeur des thermes, aux débats du sénat, à
l'affrontement entre légions et rebelles.
Pour donner vie et fureur à cette fresque inspirée par
l'histoire, ils ne sont que cinq. Hormis l'assistance très
épisodique d'un duo de régisseurs, il y a seulement
deux barytons et trois histrions manipulateurs. Car autour d'eux foisonnent
d'étranges animaux inclassables, des pachydermes et des félins
gigantesques, des oiseaux de mauvais augure, des chars tirés
par des chevaux, des rétiaires et des militaires bardés
d'épées et de boucliers, des chariots brinquebalants,
des galères syriennes, des machines de guerre aux flèches
d'acier... et même un Vésuve aux fumerolles annonciatrices
d'éruption.
Elle est là, la marque de fabrique des spectacles conçus
par Claire Dancoisne : la cohabitation entre des interprètes
de chair et des créatures composées d'assemblages d'éléments
de récupération, de mécaniques improbables, de
bricolages insensés. Les comédiens arborent des costumes
et des maquillages sortis de chez Bosch et Bruegel, les marionnettes
refusent un réalisme facile au profit d'un imaginaire fantasque
et biscornu.
Entre B.D., opéra et film d'animation
Sous-titré "Peplum lyrique et marionnettique", cette
épopée sanglante et furieuse ne laisse nul répit
au public. Les séquences se succèdent sans désemparer.
Les entrées et les sorties se télescopent. Les chants
alternent avec quelques dialogues et pas mal de clameurs. Des moments
de gags s'insèrent entre les mouvements dramatiques. L'espace
est habité en toutes ses dimensions.
Le langage visuel du théâtre joue son rôle de stimulant.
Un accessoire simple est susceptible soudain d'évoquer un nouveau
lieu. Un défilé interminable de pieds symbolise le rassemblement
des révoltés. Quelques morceaux de canettes et c'est
une légion qui débarque. Tandis que la musique de Pierre
Vasseur joue le rôle de bande sonore cinématographique,
avec ses allusives atmosphères et ses emprunts pastichés.
Tant d'inventivités et d'énergie font qu'il est impossible
de sortir de ces arènes sans avoir eu quelque chose à
admirer, à retenir, à se rappeler. Même si le
propos initial reste en arrière plan, qui montre que la lutte
pour le pouvoir, la nécessité de respecter les droits
de l'homme ne sont pas que des fais venus du passé. Rue
du Théâtre - 15 juillet 2010 « TREMBLEZ,
ESCLAVES !
Monstres de ferraille, braseros, tableaux
rougeâtres de métal tordu... Ils sont tout petits face
à ce décor grandiose, les gladiateurs révoltés
du "Spartacus" mis en scène par Claire Dancoisne.
Mais poignants, comme beaucoup de spectacles présentés
au convivial festival de Villeneuve, à quelques lieues du Palais
des Papes,
de l'autre côté du Rhône.
Direction la rive languedocienne du Rhône en sortant d'Avignon.
Aller juste en face, à Villeneuve, et regarder le Palais des
Papes depuis ce côté du fleuve : la vue est imprenable.
Mais ce que l'on apprécie là-bas par-dessus tout, c'est
l'air plus frais qu'en ville sur ces prairies herbeuses où
a lieu le festival Villeneuve en scène.
Consacré aux "Théâtres en itinérance",
il programme pendant 21 jours 31 spectacles dont un tiers de créations,
sous chapiteaux ou autres scènes mobiles démontables
pour qui le ciel sert de toit...
Pour l'ambiance crépusculaire et la scénographie originale,
on peut donner la palme cette année à Claire Dancoisne
(et à sa compagnie du Théâtre La Licorne, créée
en 1986), qui vient du Nord/Pas-de-Calais. Une arène ovale
de métal rouge brun, aux parois hautes, au sol sableux d'un
camaïeu lui aussi rougeâtre qu'on vient juste de ratisser...
Comme pour en enlever les saletés d'avant, traces d'on ne sait
quel macabre événement. Cette terre de bruns délavés
semble avoir absorbé depuis des années tous les sangs
possibles d'humains ou d'animaux. Sans grandiloquence, un certain
climat s'impose.
De cette légendaire révolte de Spartacus et de ses compagnons
gladiateurs, dont s'est autrefois emparé le cinéma hollywoodien,
Claire Dancoisne se sert d'une matière à modeler. Car
elle a sculpté et peint pour montrer plus que pour raconter.
Son spectacle est fait de tableaux successifscomposés de métal
tordu, bosselé ou martelé : des monstres de ferraille
menaçant surgissent dans l'arène face à de petits
personnages fragiles et aériens comme des statues étrusques.
Même les trois comédiens-manipulateurs semblent du même
matériau : leurs visages et leurs corps sont emprisonnés
dans des rets de fer.
Deux barytons grotesquement grimés trônent en hauteur
et distribuent la vie et la mort. Ils sont les symboles du pouvoir
romain qui écrasera la révolte et fera à nouveau
régner l'ordre et le partage du monde entre esclaves et citoyens.
La scène qui figure l'ultime refuge des fugitifs sur les contreforts
du Vésuve est particulièrement poignante. Des braseros
fluets, de vieux chiffons qui couvrent un corps recroquevillé,
des pleurs d'enfant montant à trois reprises dans le silence
de la nuit. Le sentiment de déréliction est palpable.
Le ciel de la Colline des Mourgues où Frédéric
Poty, le directeur artistique du festival, a installé ce beau
théâtre d'images est désespérément
vide...
Télérama
- 18 juillet 2010 « BÊTES
DE SCÈNE SUR AVIGNON
De Podalydès (Richard II) aux animaux géants de Spartacus,
les monstres sont de sortie.
A Villeneuve, les monstres métalliques
de "Spartacus" (Compagnie lilloise de La Licorne) créent
sans contexte l'événement 2010 du Off.
A l'éléphant de Barcelo place du Palais, le Théâtre
de La Licorne répond avec la bestiole en bidons d'huile de
"Spartacus" à Villeneuve !
Créativité monstre
En Juillet 2010, c'est le Grand Avignon dans son ensemble qui fait
son Festival. Vedène est désormais agrégée
au In, l'Astrolabe de Sorgues reste le lieu le plus
excentré du Off. Quant à Villeneuve-en-Scène
(19000 entrées), la grande fête gardoise investit des
espaces en dehors de tout, telle que la Colline des Mourgues, annexée
par le Théâtre de la Licorne et son "Spartacus"
époustoufflant. C'est d'ailleurs l'un des enseignements de
ce Juillet-en-Festivals dans et autour de Cité des Papes. Malgré
la crise du spectacle vivant, on découvre des pépites
plus exaltantes que jamais, notamment dans le Off. (...)
La
Provence - 21 juillet 2010
« SPARTACUS
Peplum lyrique et théâtre
d'objets, écriture, mise en scène et scénographie
Claire Dancoisne, musique de Pierre Vasseur, création des
objets et machines Bertrand Boulanger, Grégoire Chombart,
Jean-Baptiste Gaudin, Fred Parison et Olivier Sion, conception du
gradin-arènes Ettore Marchica.
Pour parvenir jusqu'à cette poétique arène,
il faut gravir à pied la colline des Mourgues, guidés
à pas rapides depuis l'accueillant campement de Villeneuve-en-Scène,
au bord du Rhône. Frédéric Poty le maître
des lieux y a construit depuis plusieurs années un espace
de découverte et de bien-être, au sortir de la touffeur
avignonaise.
Claire Dancoisne s'est emparée de cette époque mythique
de la révolte des esclaves en 73 avant Jésus-Christ
avec une pleine maîtrise de son art. Nous sommes assis dans
une petite arène ovale avec des ouvertures aux deux extrêmités.
Les dictateurs romains sont interprétés par deux massifs
chanteurs lyriques qui surplombent l'assemblée aux deux extrêmités,
les gladiateurs sont de petites machines minuscules poussées
par des manipulateurs en haillons sanglants qui affrontent d'effrayantes
machines, un éléphant entre autres qui menace de les
écraser. Ce combat à mort est d'abord mené
par l'armée victorieuse des esclaves, représentée
par une foule d'immenses pieds traversant l'arène, puis décimée,
on voit les mêmes pieds amoncelés en un tas immense
sous le ricanement des tyrans romains. On pourra voir ce beau spectacle
à la rentrée chez les nombreux coproducteurs dans
le Nord/Pas-de-Calais et à l'Avant-Seine - Théâtre
de Colombes. Blog
de critiques de théâtre - 21 juillet 2010
« SPARTACUS
Une arène ovale de métal
rouge-brun aux parois qui vous enferment, un sol d'un rougâtre
qui semble avoir absorbé tous les sangs imaginables, humains
et animaux mêlés. Nous voilà dans la nasse, spectateurs-voyeurs
d'un macabre rituel. Claire Dancoisne, fondatrice du Théâtre
La Licorne il y a vingt-cinq ans, a quitté ses masques et ses
bestiaires pour nous offrir en spectacle une monstruosité autrement
plus glaçante. Celle du martyre de Spartacus, figure de l'histoire
romaine (puis hollywoodienne) dont elle raconte efficacement la révolte.
Son spectacle montre plus qu'il ne déroule la légende
du gladiateur. Des chimères de ferraille martelée surgissent
de tous côtés pour menacer de petits humains aussi fragiles
et aériens que des statues étrusques. Et les comédiens-manipulateurs
qui encaissent les coups autant qu'ils les portent sont de la même
pâte. Ils ont le corps et le visage pris dans les rets de fer.
La scène figurant l'ultime retraite des fugitifs sur les contreforts
du Vésuve est inoubliable. D'un rien - d'un brassero fluet,
d'un vieux chiffon sur un corps recroquevillé et d'un cri d'enfant
dans la nuit -, elle dit tout. La déréliction, l'armée
des puissants prête à bondir. La mort qui vient.)
Télérama
- 25 août 2010
« SPARTACUS,
ROI DE LA BRICOLE
Ce fut le grand succès du festival
d'Avignon
"off" de l'année dernière (pardon d'englober
sous cette appellation le Festival "Villeneuve en scène").
Suivi, on l'aura compris, d'une belle tournée. Une manière
comme une autre, pour ceux qui l'auraient raté sur la Colline
des Mourgues à Villeneuve lez Avignon (le "off"
est vraiment off Avignon !) de rattraper ce pur moment de plaisir
qui nous rappelle très opportunément que le théâtre
est encore et toujours un artisanat qui doit beaucoup à la
machinerie et au bricolage. Il se trouve justement qu'en matière
de bricolage (j'emploie ce terme dans son meilleur sens) le Théâtre
de la Licorne de Claire Dancoisne, qui a ses bases à Lille,
est expert et passe son temps à confectionner et à
animer des objets de toutes sortes sur lesquels le souffle de l'ange
du bizarre est passé... Bref, voici par le Théâtre
de la Licorne, sous la houlette de Claire Dancoisne, Spartacus,
"péplum lyrique - théâtre d'objets"
comme nous dit très opportunément le sous-titre, pour
un spectacle qui est une pure merveille d'inventivité au
plan de sa réalisation, gradins en bois de l'arène
compris. L'histoire de la révolte de l'esclave et gladiateur
Spartacus, tout le monde la connaît : là ne réside
pas l'originalité du spectacle. En revanche, faire interpréter
tous les romains par deux chanteurs lyriques (un baryton et un baryton-basse),
pendant que les trois comédiens manipulent des centaines
d'objets, gladiateurs, esclaves, animaux, embarcations, etc., est
une véritable et passionnante trouvaille. Ce sont tous ces
objets qui sont les grandes "vedettes" de ce spectacle.
Animés, ils sont drôles et de toute beauté.
L'imagination, ici, est réellement au pouvoir, et le savoir-faire
du théâtre de la Licorne qui a oeuvré dans tous
les domaines, dans tous les lieux, rues, appartements, théâtres,
pour tous les publics, dans tous les registres possibles et imaginables,
ne connaît aucune limite.